Patrimoines musicaux : circulation et contacts | Colloque international
29 octobre au 1er novembre 2009
Faculté de musique de l’Université de Montréal
 

Colloque international - 29 octobre au 1er novembre 2009
Faculté de musique, Université de Montréal

Programme

Programme et horaire

La version définitive du programme [PDF] est maintenant disponible.

Thèmes abordés

Les organisateurs du colloque vous convient aux 4 thèmes suivants :

1. Mise en scène de la culture musicale : le tourisme comme enjeu identitaire

Espace singulier de mise en spectacle des traditions, l’espace touristique interpelle au premier champ les patrimoines vivants, comme la musique et les contes. Plus que jamais, cet espace risque de jouer un rôle important dans le positionnement des identités culturelles et sociales. En effet, la diversité des moyens de communication, l’accès de plus en plus aisé à la culture de l’Autre par les moyens de diffusion tels que le disque, les médias ou Internet, l’accroissement de la mobilité personnelle, tous ces éléments ont favorisé le désir de chacun d’aller à la rencontre de l’Autre. De plus, certains pays en voie de développement considèrent que le tourisme constitue une manne économique non négligeable et que, à ce titre, il est dans leur intérêt de penser à une mise en valeur de leur patrimoine culturel. Le patrimoine musical est particulièrement concerné dans la mesure où il accompagne le plus souvent des danses, des sorties de masques ou autres formes de représentations visuelles que le public, notamment dans la sphère touristique, aime à contempler. Le choix des pratiques musicales et la façon dont elles vont être données à regarder ou à entendre ne sont pas neutres. Qui choisit ce qui est montré au public touristique ? Au nom de quoi ces sélections sont-elles effectuées ? Le programme du patrimoine culturel immatériel (PCI) de l’UNESCO, avec sa « liste de sauvegarde urgente » et sa « proclamation des chefs-d’œuvre », joue maintenant un rôle déterminant dans ce processus. Outre les aspects spectaculaires que leur valorisation va engendrer, leur caractère emblématique et les enjeux identitaires qu’ils vont nécessairement recouvrir connaîtront de multiples conséquences. On peut alors se demander si la mise en tourisme contribue à l’érosion culturelle des sociétés traditionnelles déjà fragilisées par de nombreux facteurs économiques et politiques engendrés de la mondialisation ou si, au contraire, elle constitue une solution culturellement satisfaisante pour y résister.

2. Territorialité et nomadisme

Le processus d’identification culturelle est inséparable du rapport que les détenteurs des traditions entretiennent avec leur territoire. Dans notre discipline, cette relation se nomme territorialité musicale. Toutefois, bon nombre de traditions ne répondent pas à des pratiques enclavées dans des territoires précis. C’est le cas notamment du jazz ou des musiques créoles où le territoire est éclaté tout comme avec le tango (Pelinski 2005), entre autres. Ce thème peut rejoindre la problématique des musiques en diaspora et de leur dynamisme. Comment, en effet, penser le rôle des pratiques musicales en perpétuelle mouvance dans les mécanismes de construction identitaire ?

Un autre facteur qui favorise la circulation et les situations de contacts entre patrimoines musicaux d’horizons différents est relatif à l’accélération et à l’augmentation des flux mondiaux. Il importe donc aussi de s’interroger sur l’impact, à plusieurs niveaux, du phénomène de globalisation, à savoir l’éventuelle standardisation des canons culturels de référence et, corollairement, la fragilisation de la diversité des cultures.

3. Formes, performances, construction identitaire

Toutes les problématiques que nous venons de poser impliquent nécessairement la question de l’identité et de son incarnation à travers les expressions musicales, leurs formes, leurs performances. Ici, le terme « performance » revêt une portée ontologique qui renvoie d’abord à un niveau précis de l’expérience, celui de la pratique musicale (Lacasse 2006). Il peut aussi s’agir d’une prestation scénique (concert, spectacle), questionnant dans ce sens la part de « représentation » dans les musiques interprétées. Le terme se rapporte parfois à une « pratique » observée et enregistrée en direct et qui comporte des procédés performanciels spécifiques, dont l’interaction avec le public. Dans cette perspective, il vient interroger les éléments d’observation et d’analyse. Quel défi la prise en compte de la performance pose-t-elle à l’analyse ? Les paramètres habituels de la partition (rythme, mélodie, dynamique, échelles...) sont-ils suffisants pour illustrer la signature stylistique et esthétique d’une pratique musicale ? Il ne s’agit donc pas seulement de se demander comment les musiciens font de la musique un objet qui les représente et permet de les identifier ou de les situer culturellement, mais aussi comment les auditeurs influencent, par leurs conduites d’écoute, l’élaboration des performances. Ainsi, nombre de paramètres formels peuvent ou non être privilégiés.

4. Patrimonialisation musicale : enjeux culturels et sociaux

Ce thème renvoie aux procédés de « revivalisme musical » ou au « culte patrimonial ». Il s’agit de voir et d’examiner les continuités et les changements des expressions musicales (forme, instrumentarium, modalités expressives...) dans divers espaces d’interprétation musicale, et de voir notamment quels types de patrimoines musicaux sont mis de l’avant par les revivalistes. Assiste-t-on à une cristallisation de la musique ou au contraire à sa revitalisation ? Comment le phénomène de patrimonialisation contribue-t-il à l’édification de l’identité culturelle ?

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