Passer au contenu principal

Plan du site | Remerciements et crédits | Vos commentaires | English | Inuktitut

Oeuvre d'art composée d'appliques de feutre collées, représentant une scène estivale de camp avec une femme se peignant, une tente et deux chiens.

Culture

Appliqué (2007), Mary Elijassiapik, Inukjuak. Collection d'art Inuit de la FCNQ

Objets traditionnels

Photo historique d'une homme habillé d'un vêtement de peau de phoque, devant un kayak, en tenant une pagaie à la vertical. En arrière plan on aperçoit le profil d'une côte, et une étendue d'eau.

Chasseur et son qajaq, 1895, Petite rivière de la baleine.
George Simpson McTavish, Bibliothèque et archives Canada, C-03408

Synthèses de connaissances ancestrales, les objets traditionnels du Nunavik sont de véritables témoignages d'une profonde réflexion sur la nature et des possibilités qu'offrent ses ressources.

Tirée en grande partie de photographies d'archives, voici une galerie de quelques uns de ces objets. Malgré le fait que certains d’entre eux furent graduellement modernisés, ils demeurent tout de même porteurs d’une ingéniosité qui sait traverser les générations.


Manteau Amauti

À gauche, photo historique d'une femme et de ses deux enfants, tous habillés en vêtement traditionnel. À droite, photo historique montrant la vue rapprochée d'une femme et de son bébé, sur son dos, couverts par le capuchon d'un vêtement traditionnel.

À gauche : Femme et enfants, Grande rivière de la Baleine, Qc, vers 1900. A.A. Cherterfield, 1895-1905, Collection du Musée McCord MP-0000.638.5
À droite : Femme et enfant, Port Harrison, 1947-1948. Richard Harrington, Bibliothèque et archives Canada, PA-146881

L’amauti est un vêtement traditionnel qui est encore porté couramment par les femmes du Nunavik. Ce parka est conçu pour que la mère puisse porter un enfant contre son dos (les jambes insérées dans des pochettes sous les bras), et que tous deux soient protégés par un grand capuchon. L’ampleur aux épaules facilite le transport de l’enfant pour l’allaitement. L’arrière de l’amauti est plus long pour éviter la perte de chaleur lorsque la mère veut s’asseoir. Plutôt que d’utiliser un patron, le vêtement est traditionnellement mesuré et découpé selon un système utilisant les mains de la couturière, assurant ainsi un confort optimal. Les matériaux traditionnels comme la peau de phoque ou de caribou et la fourrure de renard furent graduellement complémentés ou remplacés par le calicot et le duffle.


Lunettes Luiggaak

À gauche, photo historique de six hommes assis face à la caméra, portant des lunettes traditionnelles leur protégeant les yeux. À droite, lunettes faites d'un morceau d'ivoire sculpté, de forme rectangulaire, avec courroie d'ajustement et percé de deux fentes minces pour protéger la vue de la lumière du soleil.

À gauche : Inuit portant des lunettes de neige iggaak (aussi connues sous le nom de luiggaak au Nunavik), cap Dufferin, baie d'Hudson, QC, vers 1910. Collection du Musée McCord MP-0000.1538.12
À droite : Lunettes de neige iggaak, 1865-1900. Collection du Musée McCord, ME982X.86.1

Ces lunettes traditionnelles, faites de bois de caribou, d’ivoire ou de bois végétal, sont attachées derrière la tête à l’aide d’une cordelette en tendon. Outil indispensable pour les Nunavimmiut, elles prévenaient la cécité temporaire causée par l’exposition prolongée aux rayons UV réfléchis sur la neige, condition similaire à un coup de soleil de la cornée et de la conjonctive. Découpée dans la lunette, une longue fente étroite permet de limiter efficacement l’entrée de rayons solaires. L’intérieur des lunettes luiggaakk, noirci de suie, limite encore davantage les réflexions. Elles datent de la période thuléenne.


Couteau Ulu

À gauche, couteau en forme de demi-lune en métal, avec une poignée de bois. À droite, couteau du même type ayant été utilisé pour découper des morceaux de viande rouge.

À gauche : Ulu, 1900-1909. Collection du Musée McCord ME930.39.15
À droite : Viande de phoque et couteau Ulu

Le ulu est un couteau composé d’une lame semi-circulaire et muni d’un manche en os, en bois de caribou, ou en bois végétal. La lame, anciennement faite de schiste ou d’ardoise est aujourd’hui généralement faite d’acier. Aux fonctions multiples, l’ulu sert notamment au nettoyage des peaux, à la coupe des aliments et même à la coupe de cheveux des enfants. Au Nunavik, l’utilisation du couteau ulu date de la période thuléenne, quoique des couteaux datant de plus de 2 500 ans ont été retrouvés ailleurs dans l’Arctique.

Les dimensions de la lame peuvent varier de 5 à 35cm de large, selon la fonction. Les plus petits couteaux ulu peuvent servir à la couture, la coupe de tendons d’animaux ou le traçage de motifs sur le cuir. Les plus grands sont utilisés pour le dépeçage d’animaux. Sa structure permet d’appliquer, sans risque de blessure, une pression plus grande pour couper des matériaux durs comme les os. Au repas, il permet aussi de découper la viande d’une seule main.

Son design, son ergonomie et ses multiples fonctions en font un objet qui, encore aujourd’hui, trouve sa pertinence et son utilité dans le quotidien des Inuit.


Lampe en stéatite Qulliq

À gauche, photo historique d'une femme aînée assise devant une lampe à l'huile en pierre en forme d'assiette qui est contrôlée à l'aide d'une longue tige. À droite, lampe de pierre composée d'une pierre en forme de soucoupe au fond de laquelle brûle lentement du gras animal.

À gauche : Femme devant une lampe qulliq, Port Harrison, 1947-1948. Richard Harrington, Bibliothèque et archives Canada, PA-147309
À droite : Lampe qulliq, 1900-1909 Collection du Musée McCord L94.30.3

Le qulliq est une lampe à huile traditionnelle sculptée dans le roc, comme la stéatite. Sa forme de demi-lune creusée était partiellement remplie avec de l’huile de mammifère marin. De la matière végétale, telle que mousse ou linaigrette, était utilisée comme mèche. Multifonctionnelle, elle servait au chauffage intérieur des tentes et des igloos, à la fonte de la neige, à la cuisson et au séchage des vêtements. Elle pouvait aussi être utilisée dans le cadre de fonctions cérémonielles.


Bateau Qajaq

Photo historique d'un homme et un petit enfant assis dans un kayak, de face. L'homme tient une pagaie transversalement à son embarcation.

Inuk avec un enfant dans un qajaq, 1920 Inuk avec un enfant dans un qajaq, Port Harrison, Qc, vers 1920
Collection du Musée McCord MP-1976.25.135

Au Nunavik, l’utilisation du qajaq remonte à la fin de la période dorsétienne. Objet du quotidien aux multiples usages, il servait autant aux déplacements qu’à la chasse à la baleine, au phoque, et même au caribou.

Traditionnellement, la construction d’un qajaq était faite à partir de matériaux locaux comme les peaux de phoques ou de caribous, les ossements de baleine, le bois, les huiles de mammifères marins et certains minéraux fins. Les dimensions sont variables, certains qajaq pouvant aller jusqu’à 8 mètres de long.

Malgré qu’ils soient aujourd’hui usinés à partir de matériaux modernes comme la fibre de verre, il est remarquable de constater que la structure de base de l’embarcation n’ait à peu près pas changé depuis l’époque de sa facture traditionnelle. En images, voici quelques-unes des étapes de fabrication de l’embarcation.

Quatre photos historiques démontrant les étapes d'assemblage d'un kayak. On peut voir le traitement de la peau dans une tente par des femmes, le recouvrement d'une structure de bois de cette même peau, l'Examen final de la coque du bateau, puis l'installation du cockpit où sera assis l'utilisateur.

ÉTAPES D'ASSEMBLAGE D'UN QAJAQ

1. Couture de peaux par des femmes pour le qajaq de Johnny Kopaqualuk. Puvirnituq, 1959.

2. Les rebords opposés de l’enveloppe extérieure de l’embarcation sont entrelacés sur le dessus du qajaq avec des lanières de cuir. Les pièces transversales du centre formeront le devant du cockpit pour le qajaq de Johnny Kopaqualuk. Puvirnituq, 1959.

3. Lorsque la couture est terminée, le qajaq est sorti et renversé sur une boîte, puis examiné minutieusement par les femmes pour des trous qui auraient besoin de réparations. Puvirnituq, 1959.

4. Hommes posant le cadre en bois du cockpit. Puvirnituq, 1959.

Photographies : Frederica Knight Archives de la Compagnie de la Baie d’Hudson (HBCA 1987/363-E-392/99, HBCA 1987/363-E-392/85, HBCA 1987/363-E-392/74, HBCA 1987/363-E-392/89)


Panier Ivigaq

Panier en matière végétale tressée, avec motifs de couleur formant des pointes, et munis d'une poignée de pierre sculptée au haut du couvercle.

Panier d'élyme (2006), Annie Novalinga, Umiujaq 24x21x21 cm. Collection d'art Inuit de la FCNQ

Quoique répandu partout en Amérique du Nord, la vannerie du Nunavik se distingue par la finesse de son tressage et la beauté de son ornementation. Faits à partir de fibres végétales, ses matériaux sont recueillis à même la terre. L'iviit (élyme), une fois tressé, est d'une résistance remarquable.

Ce panier, création d'Annie Novalinga d'Umiujaq, est un magnifique exemple de vannerie spiralée, ornementée de cordes colorées et surmontée d'une poignée en stéatite sculptée.

Haut de page