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Allen Gordon pilotant une barque motorisée. À l'Arrière plan on aperçoit une jetée de pierre appartenant à une marina de Kuujjuaq.

Récits

Allen Gordon en route vers ses filets à pêche

Allen Gordon : L'importance des traditions

Allen Gordon, vue en plongée d'une ouverture sur le toit d'un iglou qu'il est en train de construire. On aperçoit à l'intérieur la porte d'accès de l'iglou.

Allen Gordon construisant un igloo

Allen Gordon est Directeur exécutif de l'Association touristique du Nunavik. Il partage avec nous ses souvenirs de traîneaux à chiens et ses espoirs de préserver cette tradition chez ses enfants.

«Quand j'étais enfant, je me souviens vaguement des chiens de mon oncle Norman Gordon attachés derrière sa maison. Mes deux frères aînés, Mark et Alec, allaient avec mon oncle chercher du bois de chauffage en traîneau de chiens. D'après ma mère, qui nous a élevé seule, il y avait une époque où les chiens de traîneau étaient très importants dans la famille. C'était le seul moyen de transport, particulièrement aux sites de trappage hivernaux, puisque les fourrures de renard étaient la seule denrée négociable pour obtenir du crédit de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Elle me disait aussi que mon grand-père, Alex Gordon, aujourd'hui décédé, livrait le courrier par traîneau à chiens pour la Compagnie de la Baie d'Hudson à Fort McKenzie. Ce poste était à peu près à 100 km au sud de Kuujjuaq.

Vers l'âge de six ou sept ans, la plupart des équipes de chiens étaient disparues et remplacées par des motoneiges. Je me souviens toutefois quand j'avais cinq ans d'un voisin, Joanasie Papak, qui avait encore des chiens de traîneau, et la raison pour laquelle je m'en souviens si clairement est arrivée le jour de Noël. Le seul passager de Joanasie était le Père Noël. Ses chiens ont décollé tout d'un coup et le Père Noël, costumé en entier, est tombé à la renverse du qamautik et aboutit dans la neige avec ses pieds hauts dans les airs!

Après avoir gradué de l'école secondaire de Kuujjuaq, j'ai décidé que je voulais avoir un équipage de chiens. Il y avait, à l'époque, quelques types de la communauté qui faisait la même chose. C'est à cette époque que des chiens aux yeux bleus sont apparus au Nunavik. Puisqu'il n'y avait plus de chiens de race originaux dans le village, des Huskies Sibériens et des Malamutes furent importés du sud et c'est à partir de ces races que j'ai commencé mon équipage. À l'époque, mon travail de technicien de la faune à temps plein m'imposait de vivre loin sur la terre pendant des semaines consécutives durant l'été. C'était difficile de prendre soin de mes chiens, puisque je me fiais sur d'autres personnes de la communauté pour les nourrir et s'en occuper. À mon retour au village, mes chiens étaient mal en point et ce n'était pas correct pour eux. C'est pourquoi je les ai donnés à d'autres personnes en 1987.

Le désir d'avoir un équipage à nouveau m'est venu en 2003. Je m'imaginais partir avec les enfants et de profiter du plein air sans le bruit des motoneiges. Je me souviens d'une époque où on entendait les chiens trotter et les patins du traîneau glisser sur la surface glacée des lacs et des rivières. Ma femme Susie était enthousiasmée à l'idée de repartir un équipage.

Je veux que mes enfants vivent l'expérience de guider des chiens et de s'en occuper jeune. Les enfants d'aujourd'hui sont beaucoup trop concentrés sur la télévision, les ordinateurs et les jeux vidéo. Ils ne passent que très peu de temps à l'extérieur. Lorsque mes enfants seront grands, peut-être auront-ils des bons souvenirs de nos voyages en traîneau à chiens et qu'ils voudront bien poursuivre la tradition avec leurs enfants.»

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