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Trois Inuits à bord d'une motoneige, dévalant en direction d'un village dans un paysage printannier.

Un peuple

Puvirnituq sous les premiers rayons du printemps

Inuit d’aujourd’hui

Vers l'autonomie du Nunavik

Faisant autrefois partie de la Terre de Rupert, le territoire du Nouveau-Québec (territoire actuel du Nunavik) a été cédé au Canada en 1867 au moment de la Confédération. En 1912, le Parlement canadien adopte la Loi de l’extension des frontières de Québec qui permet de transférer le district de l'Ungava à la province de Québec, prolongeant ainsi son territoire jusqu’au détroit d’Hudson et à la baie d’Ungava. La loi fédérale de 1912 stipule que la province de Québec doit reconnaître des droits indiens et régler les revendications territoriales autochtones.

En 1939, un jugement de la Cour suprême du Canada place officiellement les Inuit du Nouveau-Québec sous la juridiction du gouvernement fédéral, ce qui confère à ces derniers les « droits » prévus par l’Acte sur les Indiens de 1876. C’est en 1950 que l’administration fédérale offre aux communautés du Nouveau-Québec des services en matière d’éducation, de santé et de développement économique. Cette période marque la création des premières coopératives inuites au Nouveau-Québec, soit celle de Rivière George (Kangirsualujjuaq) en 1959, de Grande Baleine (Kuujjuarapik) en 1961 et celle d’Inukjuak en 1967. C’est également au cours des années 1950 que le gouvernement du Québec explore ce territoire pour son potentiel hydroélectrique.

En 1970, la Commission Neville-Robitaille est instaurée pour étudier les différentes conditions du transfert des responsabilités du Fédéral au gouvernement provincial. Le premier projet d’autonomie gouvernemental des Inuit fut présenté à la Commission lors de sa tournée des villages du Nouveau-Québec. L’année 1970 est également marquée par la création de l’Association des Inuit du Nord québécois.

Suite à la contestation juridique des Cris et des Inuit concernant la construction du complexe hydroélectrique de la Baie James, le gouvernement du Québec consent à respecter les clauses de la loi de 1912 et en novembre 1975, la Convention de la Baie James et du Nord Québécois (CBJNQ) est signée. Les signataires de la CBJNQ sont, d'une part, l'Association des Inuit du Nord québécois et le Grand Conseil des Cris du Québec, et, d'autre part, le gouvernement du Québec, la Société d'énergie de la Baie James (SEBJ), la Société de développement de la Baie James (SDBJ), la Commission hydro-électrique du Québec (Hydro-Québec) et le gouvernement du Canada. Les Inuit de Puvirnituq, d’Ivujivik et de Salluit refusent d’entériner cette entente et ils forment, en 1975, un mouvement dissident appelé Inuit Tungavingat Nunamini (ITN).

En 1978, le gouvernement du Québec adopte une série de mesures législatives mettant en vigueur plusieurs dispositions de la CBJNQ. La Loi sur les villages nordiques et l'Administration régionale Kativik est d’abord adoptée. Ensuite, une loi permet la création de la Société Makivik, l’organisme chargé de l’administration des fonds obtenus suite à la signature de la CBJNQ, de la protection des droits des Inuit selon les termes de la CBJNQ et de jouer un rôle prédominant dans le développement politique, social et économique du Nunavik. Seront ensuite instituées la Commission scolaire Kativik et la Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik.

Suite à la présentation des revendications des Inuit devant la Commission parlementaire sur les questions autochtones (1983), le Comité constitutionnel du Nunavik (CCN) est mis sur pied en 1987. Un accord est signé en 1999 permettant la création de la Commission du Nunavik, qui a pour mandat de faire des recommandations sur la forme que pourrait prendre un gouvernement au Nunavik.

La Société Makivik organise d’abord une tournée d’information auprès des communautés du Nunavik, puis une conférence sur le gouvernement du Nunavik regroupant plus de 70 délégués de chacune des communautés. Pourvu du mandat de négocier la création d’une nouvelle forme de gouvernement, Makivik approche les gouvernements du Canada et du Québec. Suit l'élaboration d'une entente-cadre qui définit l’ensemble du processus de l’élaboration d’un gouvernement autonome au Nunavik.

Suite à la signature de l’entente de principe de 2007, des négociations furent entreprises dans le but de sceller une entente finale qui fut obtenue en mars 2011. Cette entente fut rejetée par les habitants du Nunavik – les Nunavimmiut – lors d’un référendum tenu le 27 avril 2011.

Au fil des années, les Inuit du Nunavik ont souvent exprimé leurs besoins notamment lors du sommet socioéconomique régional Katutjiniq (2000), lors de la négociation de l’Entente Sanarrutik (2002), lors du sommet Katimajiit portant sur des questions socioéconomiques au Nunavik (2007), ainsi que dans l’élaboration du Plan Nunavik (2010), une réponse régionale au Plan Nord du gouvernement du Québec.

Suite au plan Nunavik, une consultation élargie, Parnasimautik (2012-2014) fut entreprise par les Inuit. Des réunions et des ateliers furent organisés dans toutes les communautés du Nunavik afin de définir une vision plus globale du développement en fonction de la culture, de l’identité, de la langue et du mode de vie traditionnel des Inuits, de manière à assurer leur protection et leur pérennité. Dans le but de mieux saisir l’esprit de Parnasimautik, voici quelques citations tirées des consultations tenues dans le cadre de Parnasimautik et que l’on retrouve dans la conclusion du rapport :

« La famille, c’est l’autorité auprès des enfants et le pilier de nos communautés. En pratiquant des activités traditionnelles, nos enfants peuvent contribuer à préserver notre identité."
"Le fossé entre les jeunes et les aînés semble se creuser. Les aînés doivent participer davantage à l’orientation et à l’éducation des jeunes."
"Les ressources sont abondantes au Nunavik et de nombreuses personnes souhaitent reprendre possession des terres au lieu d’être contrôlées par le gouvernement."
"Nous devons prendre notre destin en main au lieu de nous fier à de l’aide de l’extérieur. Nous devions retrouver notre force, nos droits en tant que peuple autochtone capable de survivre."
"Travailler ensemble avec un esprit d’équipe... c’est ça l’autonomie gouvernementale."

Parnasimautik n’est pas une fin : c’est un nouveau départ, un plan pour l’avenir des Inuit du Nunavik.

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