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Détail d'un panache de caribou sur le sol de la toundra, couvert de fourrure.

Un peuple

Restes d'un caribou après la chasse

Tuniit (Dorsétiens)
2 500 à 600 ans AA

Les premières évidences archéologiques attribuées à la culture dorsétienne sont découvertes au Cap Dorset, sur l’île de Baffin, d’où l’appellation « Dorsétien » utilisée par les archéologues. Les Dorsétiens, appelés Tuniit d’après les légendes inuites, sont d’excellents chasseurs de phoques et de morses. Ils brûlent le gras de ces animaux dans des lampes en stéatite comme source lumineuse.

Photographie des deux côtés d'un petit masque en ivoire, où des trous sont creusés pour illustrer les yeux et la bouche.

Masque miniature en ivoire (recto et verso)
Collection du Musée canadien de l'histoire

Les premières manifestations de la culture dorsétienne apparaissent au cours d’une période de refroidissement climatique qui aurait débuté vers 3 000 ans AA. Bien adaptés à un climat plus froid, les Dorsétiens – ou les Tuniit selon les Inuits contemporains – occupent rapidement la majeure partie de l’Arctique de l’Est s’étendant même jusqu’à la Basse-Côte-Nord du Québec et jusqu’au sud-est de Terre-Neuve. Au Nunavik, les plus anciennes occupations associées aux Tuniit sont datées à environ 2 500 ans AA.

Les Tuniit exploitent une variété de ressources maritimes (phoque, morse et béluga) et de l'intérieur des terres (caribous, petits mammifères, oiseaux migrateurs et poissons de rivières). À l’instar de leurs prédécesseurs, les populations Tuniit utilisent un outillage façonné à partir de diverses matières premières. Parmi leurs principaux outils en pierre, on retrouve des petites pointes triangulaires, des pointes bifaciales, des burins, des racloirs, des grattoirs, des herminettes et des microlames (petits artefacts de pierre deux fois plus long que large présentant deux bords tranchants parallèles).

Les Tuniit développent également une importante industrie des matières organiques par le travail de l’os, de l’andouiller, de l’ivoire et du bois. Parmi ces outils on retrouve des têtes de harpon, des pointes à barbelures, des couteaux à neige pour la construction d’igloos, des patins de traîneau, des crampons à neige et des aiguilles en os.

Les lampes à huile en stéatite et les traîneaux à chiens font leur apparition durant la période dorsétienne. Diverses expressions artistiques se développent au sein de la culture tuniit avec la confection de petites sculptures en matière organique représentant des figurines animales, humaines ou un mélange animal/homme. Des gravures rupestres représentant des visages anthropomorphes sont également associés aux Tuniit.

Bien que nomades, les Tuniit ont un mode de vie plus sédentaire que leurs prédécesseurs. Leur mobilité plus réduite se traduit par des structures plus élaborées, par une augmentation des vestiges mis au jour sur les sites archéologiques et des habitations plus permanentes. Alors que l’utilisation des tentes persiste toujours en période estivale, des maisons semi-souterraines sont également aménagées dans des champs de blocs et sur d’anciennes plages. La présence de couteau à neige permet de supposer que les Tuniit se construisent des igloos durant la saison hivernale. Les maisons-longues font leur apparition vers la fin de cette période. D’une longueur variant entre 15 et 35 mètres sur une largeur de 4 à 6 mètres, ces maisons rectangulaires pouvaient aisément abriter de huit à dix familles. Les habitations des Tuniit sont souvent associées à diverses structures secondaires telles des caches pour la nourriture ou le matériel, des pièges et affûts de chasse et des inuksuit.

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