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Vue de profil d'un jeune caribou, broutant dans la toundra estivale d'un petit matin.

Une terre

Jeune caribou en été

La vie au rythme des saisons

La vie de la faune est rythmée par le passage des saisons. De l'été aux rigueurs hivernales, le Nunavik devient théâtre de stratégies d'adaptation et de grands déplacements parmi les plus spectaculaires du monde naturel. Voici quelques caractéristiques de la faune du Nunavik.

Oiseaux

La majorité des oiseaux retrouvés au Nunavik sont des visiteurs saisonniers. Les plantes et invertébrés grâce auxquels les espèces migratoires survivent et se reproduisent durant l'été sont inaccessibles en hiver. Puisque ces oiseaux ne sont pas adaptés aux rudes conditions hivernales, ils doivent s'envoler vers le Sud la saison froide venue. C'est le cas de la bernache du Canada.

Rangée d'oies se reposant, flottant sur un lac. Elles sont presque toutes de profil et se font face, comme un effet de miroir.

Bernaches du Canada

L'arrivée et le départ des oiseaux migrateurs sont étroitement liés à la disponibilité de ressources. Au printemps, certaines espèces doivent atteindre leur site de nidification et pondre leurs oeufs avant la fonte des neiges pour s'assurer qu'à l'éclosion, les oisillons auront accès à un maximum de ressources. Dès l'automne, il sera important que les jeunes oiseaux soient suffisamment développés et renforcis. C’est pourquoi ils attendront jusqu'à ce que le froid ait réclamé toutes ressources alimentaires avant d’entamer le grand voyage vers le Sud.

Chez les résidents permanents du Nunavik, le défi est double puisqu'ils doivent autant se nourrir que braver le froid. Les oiseaux sont munis de duvet, couche de petites plumes isolantes située entre l'épiderme et le plumage. Cette couche protectrice conserve l'air chaud près du corps. En gonflant leurs plumes lors de froids intenses, les oiseaux augmentent davantage leur capacité à conserver la chaleur.

Vol d'un grand oiseau survolant la toundra avec, à l'arrière plan, une rivière rtaversant de gauche à droite.

Grand corbeau survolant la toundra

La protection des pattes contre le froid varie selon le mode de vie de l'animal. Par exemple, les pattes et doigts du lagopède des rochers sont entièrement couverts de plumes, puisqu'ils passent la majorité de leur temps au sol pour se nourrir. Ces plumes exercent aussi la double fonction de raquettes qui les empêchent de renfoncer dans la neige. Chez d'autres oiseaux, comme le corbeau, la plante est couverte de papilles endurcies qui préviennent la perte de chaleur en minimisant le contact avec le sol.

Mammifères

L'adaptation des mammifères est variée et diffère selon l'habitat. Chez les mammifères marins (phoques, morses, et baleines), le froid n'est pas tant un obstacle que l'accès à l'air, puisque l'eau de mer ne devient jamais plus froide que son point de congélation de -2 °C. Ces animaux dépendent toutefois de trous de respiration ou de polynies, zones libres de glace au coeur de la banquise.

Béluga faisant surface au ras de l'eau. L'animal est complètement blanc, et il regarde la caméra.

Béluga

Par contraste, les mammifères terrestres doivent non seulement se nourrir, mais aussi survivre à des conditions extrêmes où la température peut descendre à -40 °C. La fourrure, cette barrière à l'épreuve du froid, devient plus épaisse et longue pendant l'hiver. Le caribou et l'ours polaire ont une fourrure constituée de poils vides remplis d'air. Les plus petits mammifères, comme le lemming, doivent lutter le froid en séjournant à l'intérieur de tunnels sous la neige où ils seront à l'abri du vent et où la température y sera plus élevée.

Parmi des pierres de couleur rosée et grise, petit rongeur de couleur brunâtre et beige, de profil.

Lemming

La recherche de ressources alimentaires est aussi un défi de taille chez les mammifères terrestres. L'été est une période d'abondance pour prendre du poids en prévision du long hiver. Peu d'espèces choisissent toutefois d'hiberner, à l'exception de l'ours polaire femelle en gestation, qui entre dans un état de somnolence.

Les grands herbivores, comme le caribou et le boeuf musqué, survivent en hiver d'un fourrage de moindre qualité. Ces animaux perdent beaucoup de poids durant l'hiver, adaptation qui les protège de la famine. En maigrissant, l'animal diminue ses besoins en ressources. De plus, le fourrage hivernal qui est faible en protéines réduit l’excrétion d’eau par l’animal. Ceci a pour effet de minimiser l'énergie nécessaire à faire fondre neige et glace, source unique d'eau en hiver.

Chez le carnivore, l'hiver est plus avantageux que pour l'herbivore puisque le froid conserve la viande qui n'aura pas été consommée. Chez l'ours polaire, la formation de la banquise est essentielle, puisqu’il dépend du couvert de glace marine pour chasser le phoque. Cette glace s'avère aussi importante chez d'autres espèces se nourrissant des carcasses laissées derrière, comme le renard arctique et le grand corbeau.

Terre de grandes migrations

La migration animale est une composante essentielle à la vie terrestre, aquatique et aviaire. Elle se définit par le déplacement de plus ou moins grande distances d’après un cycle annuel ou saisonnier. Nombreux sont les types de déclencheurs de migrations, qu’il s’agisse de la reproduction de l’espèce, de changements saisonnier du climat ou de la quête de ressources alimentaires.

La migration est un élément fondamental de l’équilibre d’un écosystème en régulant le nombre d’espèces et en fournissant de la nourriture pour d’autres.

Au Nunavik, les migrations se manifestent à toute échelle. Elles peuvent être locales, comme la fraie de l’omble chevalier, où le poisson remonte un cours d’eau pour la reproduction. Elles peuvent aussi couvrir l’ensemble du territoire, comme la migration des hordes de caribous à la recherche de pâturages saisonniers et pour la reproduction.

Les mammifères marins, comme les bélugas, migrent à mesure que la glace de mer se forme, en se déplaçant à l'automne selon les endroits propices à la survie et aux ressources. Ils retournent au printemps, dès que la glace se brise. Ils sont également retrouvés près de l'embouchure de rivières.

Deux cartes géographiques indiquant l'étendue du territoire annuel et automnal du béluga ainsi que l'aire et les routes migratoires de la sterne arctique.

À gauche : territoire du béluga
À droite : aires et routes migratoires de la sterne arctique

Certaines espèces, comme la sterne arctique, parcourt d'incroyables distances, séjournant l'été au Nunavik et l'hiver en Antarctique. Il s’agit de la plus longue migration connue dans le règne animal, totalisant près de 75 000km parcourus à chaque année.

Le caribou du Nunavik, perpétuellement en quête de nourriture, d'abri ou pour éviter prédateurs et insectes, peut parcourir jusqu’à 6 000 kilomètres par année. Il s'agit du déplacement migratoire le plus vaste de cette planète pour un animal terrestre. Les troupeaux de caribous de la Rivière George et celui de la Rivière aux Feuilles sont les plus grands au monde, totalisant près d'un million d'animaux.

Ces deux troupeaux sont le sujet d'une vaste étude de dénombrement, de santé et d'habitudes migratoires. À l'aide d'un système de repérage satellitaire, les scientifiques peuvent faire un suivi hebdomadaire du déplacement d'animaux munis de colliers radio-émetteurs.

Voici une animation illustrant le déplacement des deux plus grands troupeaux de caribous du Nunavik sur une période d'un an. Cette animation est basée sur les données du Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Québec et du Governement of Newfoundland and Labrador (Science Division - Wildlife and Protected Areas).

Animation illustrant le mouvement des deux plus grands troupeaux de caribous au Nunavik au cours d'une année. Le troupeau de la Rivière-aux-Feuilles migre du sud-ouest vers le nord du Nunavik en juin, puis retourne vers le sud durant les mois suivants. Le troupeau de la Rivière George vit principalement dans le sud et le sud-est du Nunavik durant l'hiver et migre vers l'est en été.
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